[Rando] Mont Valier - 07/08/10

Publié le par Raph

DSCN1010.JPGJe ne sais si c'est la chaleur, ou la torpeur de la ville du mois d'Août qui me pousse à repartir mais les envies de sommets se font de plus en plus pressantes et seules les contraintes de solitude m'empêchent de ne pas passer mes semaines en montagnes.
Que se serait-il passer si, ce jour de juillet 2006, je n'avais pas trouvé par terre en ramassant les feuilles dans ma ville natale ce petit exemplaire du guide sur le sentier de Saint Jaques de Compostelle qui m'a poussé à acheter du matériel et de partir le tester en montagne avant d'entreprendre mon voyage? Serais-je tomber amoureux de la montagne? Aurais-je eu cet état d'esprit d'aventure, de grands espaces et de nature? Était-il latent? Je ne sais pas quelles sont les réponses à ces questions métaphysiques mais quoi qu'il en soit me voici avec une furieuse envie de bouger...

On reprogramme donc une sortie de furieux : le Mont Valier, seigneur du Couserans, fierté des ariégeois et citadelle culminant à 2838m. Depuis pas mal de temps déjà cette sortie est réputée magnifique mais fatigante. Idéalement situé, le refuge des Estagnous, a le bon goût de couper la randonnée en deux et de la rendre plus accessible. Nous voici donc partis à 3 : ce vieux Greg, ma mère et moi. Ma mère cette cueilleuse de champignons invétérée, véritable prédatrice du bolet et de la girofle dans le Massif Central va venir se frotter à la montagne pyrénéenne. Je lui ai promis que la rando était dans ces cordes et que le week-end serait magnifique.
La rando démarre dans la vallée du Ribérot, charmant torrent de montagne aux eaux toujours aussi limpides. Le sous bois est rafraîchissant mais on peut déjà sentir le soleil qui tape fort sur la canopée et on sait que lorsqu'on sortira du bois le soleil freinera notre progression. La pente est correcte sans être insupportable pour nos muscles encore en phase d'éveil. J'ai l'impression que plus je randonne et plus il me faut du temps pour que ma carcasse soit prête à travailler à plein régime. La cascade de NérechIMGP0549.JPG et ses embruns nous arrosent délicatement le visage. Le spectacle est grandiose. La montée se fait plus intense et nous maintenons notre effort pour ne pas casser le rythme. Je sens Greg très en forme et ma mère un peu moins. Il faut ménager nos forces pour pouvoir faire l'ascension complète et profiter du panorama qu'offrira, j'en suis sûr le sommet. Heureusement la cabane des Caoussis nous offre un petit coin d'ombre pour la collation du midi et nous en profitons pour recharger les batteries pour le dernier tronçon avant le refuge. Le soleil cogne fort, la chaleur est intense et la luminosité aveuglante; le sac est lourd, le dos courbé et les pieds prêts à prendre feu. Heureusement la vue d'une pointe de toit ravive nos ardeurs et nous donne des ailes : le refuge après presque 4h d'efforts nous voilà rendus.
Un torrent de bière fraîche coule dans ma gorge aride et c'est tout mon organisme qui se détend. Nous nous regardons, pauvres fous que nous sommes de venir gaspiller notre temps et notre énergie pour des trophées de pierre et de sueur, nos regards dans le vague n'expriment rien si ce n'est le soulagement de pouvoir s'asseoir et se dire que c'en est terminé, au moins pour aujourd'hui. Le refuge est situé au pied du mont Valier et déjà vu d'ici il est imposant. Je suis impatient d'être au sommet demain, de contempler les paysages qu'il nous offrira mais pour l'instant nous programmons de trouver un petit lac non loin du gîte pour nous baigner. La soirée est, comme à chaque fois, conviviale, détendue, entre amis inconnus, compagnons de sentiers.
La nuit a été réparatrice et nous voilà prêts à repartir pour la partie finale de l'ascension. Il nous faut tout d'abord atteindre le col Faustin, véritable brèche dans la muraille, situé à vingt minutes du sommet nous savons qu'une fois ce point gagné nous aurons accomplis le plus difficile et le sommet sera à portée de main. 8h30 nous y voilà : 2838m de bonheur intense et de vue à couper le souffle, la lumière du matin est exceptionnelle et nous découvrons une quantité importante de sommets pyrénéens : Maladeta, Montcalm, Besiberri... Et dire que ma mère avait, la veille, émis l'hypothèse de ne pas nous suivre pour le sommet car elle avait eu du mal à atteindre le refuge et se sentait peu en forme. Toutes ces pensées sont maintenant bien loin et je vois dans son regard fierté et bonheur mélangés. La foule commence à arriver et après presque une heure, qui n'a durée qu'une minute, nous quittons le sommet tranquillement, laissant la place libre.

La descente est longue mais agréable et nous empruntons une légère variante pour longer étangs Long et Rond. Le retour à la voiture est pénible, en effet, les rives du Ribérot sont envahies par des baigneurs qui nous replongent trop rapidement dans le monde bruyant et agitée de la vie dans la vallée. Qu'importe, nos souvenirs nous accompagnent et nous repartirons.

A bientôt.
PAysage.JPG


 

Publié dans Rando

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article