[Rando] Pas de Balussière - 20 Avril 2010

Publié le par Raph

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L'histoire commence le lundi matin alors que j'allais dans un magasin bien connu des amateurs de sports de pleine nature : "L'Ancien Bivouaqueur" pour ne pas le citer. Direction le rayon littérature et après une bonne vingtaine de minutes de recherches bibliographiques mon choix se porte sur un petit bouquin sur les belvédères en Ariège et en Luchonnais. Les sorties sont classées par niveaux de difficultés et on peut facilement les couper en deux si elles sont trop longues.

Rentré à la maison je commence à éplucher en détails le livre. Je repère une rando niveau III, c'est à dire difficile, mais dont la première partie qui comprend 3h de montée semble être magnifique. Elle se termine par l'arrivée au lac d'en Beys et au refuge du même nom à 1970m d'altitude. Après avoir traversée la réserve naturelle d'Orlu, il faut franchir le Pas de la Balussière pour atteindre les berges du lac qui serviront de cafétéria.

 

Je me dis tout d'abord que la rando se fera samedi, après tout une sortie par semaine, le week end c'est largement suffisant. Et puis merde! J'ai envie de repartir dès que possible et comme je suis en vacances autant en profiter : les chaussures sont là et je sens bien qu'elles me regardent du coin de l'œil en me disant : "Allez c'est qu'une petite balade, personne ne le saura...". Bref c'est décidé, je me prépare le casse-croûte du lendemain midi, je règle mon réveil sur 6h40 et je tente de m'endormir vite, un peu comme un gosse un 24 décembre au moment d'aller au lit. Ca faisait très longtemps que je n'avais pas ressenti une telle excitation en allant me coucher.

 

Je pars donc tôt le mardi matin vers 7h30 et je suis sur site environ 2h plus tard. Il fait frais et les premiers rayons de soleil ne percent pas encore la fôret ariégeoise, j'enfile donc une polaire légère et remonte le torrent au fond de la vallée. La marche commence de suite par un faux plat qui est assez désagréable et je me laisse avoir par un rythme assez rapide mais mes mollets me font de suite comprendre qu'il ne s'agit en aucun cas d'un trottoir toulousain. "Ah! Tiens!? Mes chaussures seraient- elles trop sérrées?! Non... Bon, il s'agit sans doute du préchauffage dans quelques minutes ça ira mieux." En effet une fois le temps de chauffe passé et mon rythme mieux accordé, la gêne disparait. Tant mieux car la forêt qui s'éveille est superbe : la mousse des rochers dégage des fumerolles sous l'effet des timides premiers rayons de soleil, les oiseaux chantent à tue-tête et les odeurs du sous-bois emplissent mes narines. 

 

Après une petite heure, j'arrive aux prairies d'En Gaudu, il s'agit d'une vallée frappée par le soleil dont les flancs sont en pente douce (relative douceur! on est dans les Pyrénées tout de même) et recouvertes d'une herbe rase. Tout à coup un bruit aigu d'origine animale m'interpelle! Je me dis : "Chouette, un rapace qui doit virer au dessus de ma tête!" . Je lève les yeux mais pas de volatile. Je scrute en fronçant les sourcils, certain que mon ouïe ne m'a pas trahi. Rien. Le bruit recommence. Et puis je songe à ce reportage vu par une après midi pluvieuse sur France 5 à propos des marmottes qui avertissent du danger par des petits cris aigus.

Mes yeux, désormais braqués sur les versants, scannent chaque rocher, chaque touffe herbeuse à la recherche du petite mammifère à fourrure. Encore un échec. J'attends, immobile. Puis lassé par l'attente et me disant qu'il reste du chemin, je repars. Le bruit encore. Cette fois j'en suis sûr, on me nargue depuis les hauteurs. Je fais mine de rien et poursuis ma route. Le bruit se déplace avec moi et soudain je me retourne pour prendre l'animal en flagrant délit. Et voilà que mon regard réussit à s'accrocher à une boule de poils qui se déplace, enfin! Une fois repérée, la marmotte est facile à suivre tant sa progression est saccadée, comme si à chaque mouvement un danger allait surgir. Et là le spectacle commence, la colonie, sans doute peu effrayée par ma présence lointaine vaque à ses occupations dans la chaleur printanière. Je me fais même couper la route par un individu qui se rend au ruisseau pour boire. Quelle merveille, je rage de n'avoir pris des jumelles afin de les observer plus en détails.

 

L'émerveillement passé, je repars en chemin. Ce premier interlude a été plus qu'agréable et, même si je ne suis pas un amoureux inconditionnel des petites bêtes je dois avouer avoir souri niaisement plusieurs minutes.

Ma route croise plus loin une horde d'isards qui se désaltèrent au ruisseau mais la grande distance qui me sépare d'eux m'empêche de les apercevoir très clairement.

 

J'arrive désormais au fond de la vallée et je traverse le ruisseau pour m'enfoncer dans une forêt de hêtres accrochée à l'ubac. Après avoir remonter le cours d'eau le chemin s'engage sur une pente raide à travers les arbres. La montée se passe bien et lorsque j'arrive à la lisière du bois, un premier névé me barre le sentier. Qu'importe je traverse ce léger obstacle sans trop de difficultés malgré la neige qui rentre un peu par le haut de ma chaussure : je n'ai pas de guêtres et je suis en bermuda...

 

Après presque 2h d'efforts, la neige recouvre complètement le sentier et m'empêche de poursuivre en sécurité ma rando. Nous ne sommes que mi-avril, l'hiver n'est pas loin et je n'ai ni le matériel ni l'expérience pour tenter une ascension dans un couloir de neige. Je décide donc de m'arrêter et de déjeuner au niveau du Pas de la Balussière avec d'autres amis marmottes qui semblent s'accomoder rapidement de ma présence. Le panorama est magnifique, les sommets voisins forment un cirque et une cascade brumeuse emplit l'air d'un bruit régulier et berçant.

 

Sur le chemin du retour, vers 14h30 les prairies ont été envahies par des marcheurs de tous âges et de tous niveaux : personnes d'un certain âge assises sur des rochers avec des jumelles, familles avec des enfants dont les parents aux bras tendus tentent d'expliquer la position des marmottes qui semblent désormais se donner en spectacle pour la plus grande joie des petits et des grands. Je suis rassuré de ne pas être le seul à être fasciné par ces chapkas mobiles.

 

Après 3h45 de marche effective je suis heureux de retrouver ma voiture et de pouvoir enlever mes chaussures, mettre un t-shirt sec et souffler un coup en repensant à tout ce que j'ai vu aujourd'hui.

 

Une fois de plus j'ai été conquis par la montagne et les merveilles qu'elle offre pour qui s'en donne la peine.

 

A très bientôt.

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Publié dans Rando

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M
<br /> J'adore ce que tu fais, ça c'est de la beaugossitude !<br /> <br /> <br />
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