[Rando] Pic du Rulhe - 04/08/10

Publié le par Raph

Voilà un petit moment que je n'avais pas pris le clavier pour écrire quelques lignes.
Je suis de retour depuis près d'un mois de mon périple jacquaire entre le Puy en Velay et Figeac et les envies de promenade me reprennent doucement. Il faut avouer que 8 jours à bivouaquer, à raison de 30km par jour en moyenne montagne, en plein mois de juillet ça vous calme un promeneur. Mais la montagne n'est jamais très loin dans mon esprit et ce n'est qu'une question de temps. De plus je pratique assidûment l'escalade (je vous en parlerais peut être un jour...) et les sorties estampillées "grimpe", en Ariège encore et toujours, me prennent pas mal de temps.

Finalement mon partenaire d'escalade, ce vieux Greg, et moi décidons de réaliser d'une pierre deux coups : celui de réaliser l'ascension du Pic du Rulhe à 2783m et de rester au refuge du même nom pour pratiquer l'escalade sur les falaises avoisinantes. IMGP0536.JPGOn part donc le mardi après midi, on en profite pour faire un arrêt escalade près de Tarascon sur Ariège : une voie facile sur le Pilier des Cathares, 260m de grimpe dans des difficultés très raisonnables. On redescend du sommet de la falaise par un petit sentier qui nous ramène à la voiture en 40min. Il est déjà presque 20h et nous décidons d'aller bivouaquer près du parking d'où nous commencerons l'ascension le lendemain. La route s'efface après une heure au profit d'une piste en très mauvais état qu'il faut négocier prudemment surtout à cette heure tardive. Il est 22h quand nous installons notre tente à la frontale et faisons chauffer notre eau pour nos soupes lyophilisées. Les joies du bivouac.
La nuit est fraiche et au réveil, vers 6h, il ne fait que douze degrés dans la tente et cinq dehors. Le réchaud nous permet quand même de faire un petit café bienvenu et de prendre quelques forces avant d'attaquer cette longue montée jusqu'au Pic de Rulhe. Les sac à dos sont lourds car nous emportons tout notre matériel d'escalade : cordes, baudriers, chaussons, dégaines, mousquetons... Mais nous savons que nous pourrons les alléger au refuge, d'ici une bonne heure, avant de repartir vers le pic moins chargé. Arrivés au refuge, les gardiens, toujours des gens très sympas, nous indique le chemin pour aller au pic et comment nous y prendre pour ne pas faire d'erreur dans la dernière partie car la fin du parcours n'est plus balisée et dans un couloir très raide.

Nous suivons tout d'abord le GR10 qui file vers Mérens les Vals et l'abandonnons au bout d'une demie heure au col des Calmettes. Nous traversons ensuite un éboulis qui nous permet de déboucher sous un couloir herbeux très raide, à vue de nez 30 ou 40° d'inclinaison, ou évolue un petit troupeau de brebis. Nous remontons en zigzag grâce à une sente plus ou moins marquée et dépassons un épaulement sur la droite. Il s'agit ensuite de remonter une pente sous l'arête du sommet, constituée par des éboulis et de l'herbe. Les cairns sont très nombreux et nous ne savons plus quel itinéraire emprunter pour rejoindre le sommet. Nous débouchons finalement à un petit col, la porteille du Rulhe qui nous dévoile le versant sud de la montagne. Le spectacle est grandiose, les lacs s'égrainent tels les perles d'un collier, des apics rocheux plongent vers le fond des vallées et le soleil, maître des lumières, illumine la scène. Nous nous remettons en route car le somme t est tout proche. Le vent nous a déjà obligé quelques minutes plus tôt à enfiler une tenue plus chaude et qui nous protège de ses assauts.
Finalement après un peu d'escalade sur la crête nous atteignons le cairn sommital et nous retournons pour admirer le paysage et... un énorme nuage nous bouche toute la vue dans la vallée ou se trouve le refuge!! Nous décidons d'attendre un peu que celui ci soit nettoyé par les bourrasques. Malheureusement après environ dix minutes d'attente, le brouillard est de plus en plus dense et la visibilité n'annonce rien de bon pour la descente. Prendre une décision rapidement, faire un choix : rester et attendre en espérant que le nuage va disparaître et la clarté nous permettre de profiter du paysage ou rester prudent et repartir maintenant même si le spectacle est gâché? La sagesse l'emporte rapidement et nous dé-escaladons les roches pour revenir sur les pentes constituées pour moitié de cailloux et pour moitié d'herbes. Près de vingt minutes après notre départ du sommet, nous croisons une famille de promeneurs qui se demandent s'ils doivent poursuivre. La prudence est nos impressions sur la partie finale de l'ascension les encourage à faire comme nous : demi tour. Dix minutes de plus et nous en profitons pour jeter un oeil en direction du sommet qui est... complètement dégagé! Quel dommage.
Malgré cette petite déconvenue je pense que nous avons pris la bonne décision. Il aurait été imprudent de rester au sommet, d'attendre et de se retrouver bloqués. Même si la vue n'était pas au rendez vous, nous avons quand même réussi l'ascension et profiter du paysage durant la montée. La descente se déroule normalement jusqu'au refuge où les gardiens nous demandent comment s'est passée la ballade. C'est l'occasion d'échanger nos impressions avec eux qui connaissent si bien la montagne. Ils sont également d'accord pour dire qu'il était plus prudent de redescendre lors de l'arrivée du nuage sans quoi les rochers auraient pu devenir glissants et donc dangereux.
Le début de ce samedi après midi est réservé à la sieste. Les lits du refuge sont bien plus confortables que les matelas en mousse de la tente et une petite heure dans les bras de Morphée nous recharge les batteries. Après une après midi de grimpe sur les rochers avoisinants le refuge nous attendons impatiemment le lendemain matin pour pouvoir tenter l'ascension de la face nord du pic Nègre de Joclar situé à quelques encablures du refuge. Encore une fois la météo va nous jouer des tours en effet, au réveil un brouillard très dense bouche complètement la vue sur le pic et a totalement mouillé tous les alentours du refuge. Il est impensable de se lancer dans de l'escalade si le rocher n'est pas sec. De plus la face étant orientée au nord elle ne prendra le soleil que tard dans la matinée et sera plus longue à sécher. Nous attendrons deux heures derrière les fenêtres de notre cage que le temps se lève mais rien n'y fait et vers 10h30 nous choisissons de rentrer au bercail.


refuge_rulhe.jpg

 

Malgré ces deux pseudo-échecs ces deux jours en montagne ont été très agréables. Le sommet du Rulhe est un pic de haute montagne où il faut se créer sont propre itinéraire et où une erreur a des conséquences immédiates : pertes de temps, recul pour franchir un obstacle... De plus le refuge était petit mais les gens que nous avons rencontrés étaient pour beaucoup des passionnés de montagne et pas un simple club de randonnée venu pour passer le week-end et nous avons pu échanger de nombreux conseils et apprendre de bonnes astuces.

Prochaine sortie sur les pentes du seigneur du Couserans (partie ouest de l'Ariège) : le Mont Valier!

A très bientôt.

Publié dans Rando

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